25.08.2011
Astrologie et superstitions
Le monde des Incas
Même si l’absence de documents écrits nous empêche d’avoir une idée précise du rôle que joua l’astrologie dans la vie des Incas, nous savons néanmoins qu’ils observaient avec beaucoup d’attention le ciel dont ils interprétaient bien sûr tous les phénomènes comme autant de signes et de messages, n’hésitant pas au passage à les accommoder aux aléas de leur vie quotidienne.
Au Soleil, dieu officiel, hautain et intouchable, les paysans préféraient la Lune, plus proche, plus accessible. Sans doute celle qu’ils appelaient Quilla, de par ses transformations qu’ils pouvaient suivre au fil du mois, leur paraissait-elle plus familière, moins rigide que son époux Inti.
Et, bien sûr, les différentes phases lunaires livraient leur lot d’enseignements et d’interprétations. Sur l’avenir, en tout premier lieu. Superstition oblige ! Ainsi, toutes semailles étaient formellement interdites lors de la pleine Lune. D’autres phases de l’astre nocturne annonçaient la pluie, d’autres étaient synonymes de sécheresse. Une auréole orangée prédisait un malheur et l’on se recueillait en prières, et on multipliait les offrandes. L’apparition dans le ciel d’une comète annonçait famine, guerre et épidémie...
Mais ce qui était redouté le plus, à n’en pas douter, c’était bien évidemment les éclipses, qu’elles soient de Lune ou de Soleil. Elles avaient le triste privilège d’annoncer la fin du monde, semant parmi toute la population de véritables mouvements de panique. Mais de cela, on le sait, Tintin, Haddock et Tournesol ont pu, de retour du Pérou, nous en rapporter un témoignage passé depuis à la postérité...
Mais les astres jouaient aussi un rôle capital pour l’agriculture. Le calendrier des Incas était basé sur l’année solaire. Douze mois divisés en trimestre qui correspondaient à peu de choses près à nos saisons. La légende veut que l’Inca Pachacutec, soucieux de fixer précisément les dates auxquelles devaient débuter les semailles et autres travaux agricoles, fit construire douze tours sur une colline à l’est du Cuzco. Ce monumental cadran solaire permettait au peuple indien de suivre avec précision les mouvements du Soleil et de la Lune.
Ainsi était rythmée la vie quotidienne des Incas, entre astrologie et superstition, le tout orchestré, on l’aura compris, par une vie religieuse omniprésente. Une vie religieuse qui fera l’objet d’un tout prochain billet...
Sources : La vie des Incas dans l’ancien Pérou – Jesús et Lucienne Romé. Editions Minerva. 1978.
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15.08.2011
Le roman de la Lune
Ceux d’entre vous qui ont eu la curiosité sympathique (et je les salue et les en remercie au passage) d’aller jeter un petit coup d’oeil sur le site www.de-plume-en-plume.fr pour découvrir les cinq premiers chapitres du roman Terres originelles qui y ont été mis en ligne (en attendant la suite...) ont pu remarquer que l’aventure que vont vivre les trois héros débute sur la Lune et qu’y sont brièvement évoqués les premiers pas qu’effectuèrent sur notre satellite naturel Neil Armstrong et son comparse Buzz Aldrin le 21 juillet 1969.
Alors, me suis-je dit, pourquoi ne pas parler de l’excellente initiative (ce n’est pas la première, espérons qu’il y en aura encore beaucoup d’autres) prise par les Éditions Omnibus qui, pour commémorer le quarantième anniversaire de ce petit pas pour un homme, mais bond de géant pour l’humanité, a choisi de publier un recueil des principaux romans et nouvelles se rapportant à cette extraordinaire équipée qui, depuis la nuit des temps, a toujours fasciné et fait rêver les humains que nous sommes.
Voici donc réunis en un somptueux volume de 864 pages le lyrique États et empires de la Lune de Cyrano de Bergerac, L’incroyable Voyage dans la Lune de Louis Desnoyers, l’extraordinaire Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall d’Edgar Poe, le célébrissime De la Terre à la Lune de Jules Verne, le désopilant Premiers hommes dans la Lune de Herbert-George Wells, sans oublier les contributions d'Alexandre Dumas (étonnante avec Un voyage à la Lune) et de Pierre Boulle (détonante avec Les Luniens).
Ajoutons que la préface de Claude Aziza, qui se lit avec beaucoup d’intérêt, nous rappelle les liens étroits qui ont uni les Hommes à cette étrange île nocturne qui, depuis l’Antiquité, les a toujours fait rêver et qu’ils n’ont eu de cesse d’aborder, longtemps, il est vrai, par poètes, écrivains et artistes interposés.
Enfin, à ne pas manquer, le dossier qui referme ce passionnant ouvrage qui nous permet de découvrir d’autres extraits de textes, tout aussi intéressants, sur le thème de la conquête de la Lune. Une invitation, en quelque sorte, à aller plus loin dans la découverte des nombreux auteurs dont la plume, un beau jour, entreprit de nous entraîner avec eux dans ce merveilleux voyage.
Bref, sept textes fondateurs réunis ici pour notre plus grand plaisir et pour nous permettre de découvrir (ou redécouvrir) cette fabuleuse épopée de la conquête littéraire de la Lune.
« Le roman de la Lune» – Anthologie. Editions Omnibus, 2009.
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08.08.2011
langues et littérature
Le monde des Incas
Les Incas, on l’a vu, ont étendu leur domination sur un immense territoire, lequel, on s’en doute bien, comptait de nombreuses peuplades qui possédait pour la plupart leur propre dialecte. Sur l’ensemble du vaste monde inca, on en a dénombré pas moins de six cents.
Si, bien entendu, le quechua était la langue officielle de l’empire, parlée à la cour, enseignée dans les écoles du Cuzco, imposée aux fonctionnaires et aux caciques, y compris ceux des régions soumises, deux autres langages prédominaient cependant : L’aymara était très répandu dans les régions bordant le lac Titicaca et le haut plateau. Quant à l’uro, il était en usage sur les îles du lac et disparut peu à peu au profit du quechua et de l’aymara.
Ces deux langues ont survécu à la conquête et elles sont encore très couramment usitées dans de nombreuses régions du Pérou et de la Bolivie. Faites de sonorités dures, gutturales, elles présentent toutes deux de nombreuses similitudes phonétiques et possèdent l’une comme l’autre un vocabulaire très riche.
Malgré des sonorités qui surprennent les Européens que nous sommes, le quechua et l’aymara ont inspiré de nombreux poètes. Volontiers rêveurs, les Incas exprimaient dans de courts vers simples et musicaux les sentiments qui les animaient, la solitude, la douleur, la nostalgie, la marche du temps, la dureté de la vie...
L’écriture au sens où nous l’entendons étant inconnue des peuples andins, ces poèmes et ces récits n’étaient transmis que par la tradition orale. Les empereurs prenaient soin de s’entourer de poètes et de troubadours qui se chargeaient de transmettre les principaux évènements de leur règne à travers ce qui pourrait s’apparenter à nos chansons de geste. Ces amautas, véritables « gardiens de l’Histoire » étaient très respectés et faisaient l’objet de toutes les attentions.
Poésies et épopées étaient décriées et chantées sur la gamme pentatonique qui caractérise depuis toujours la musique des Andes.
Sources et illustration: La vie des Incas dans l’ancien Pérou – Jesús et Lucienne Romé. Editions Minerva. 1978.
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